Portes ouvertes au nouveau Centre Sainte-Germaine-Cousin

La Corporation Mainbourg invite la population à visiter le nouveau Centre Sainte-Germaine-Cousin dans le cadre d’une activité portes ouvertes. Fruit de plus de dix ans d’efforts, le centre est situé dans l’ancienne église Sainte-Germaine-Cousin et accueille maintenant une salle polyvalente ainsi qu’un centre de la petite enfance. En plus de pouvoir visiter les locaux reconvertis, il sera possible de voir des photos témoignant des différentes étapes des travaux.

L’événement portes ouvertes se tiendra le lundi 14 décembre 2015, de midi à 18 heures, dans l’ancienne église Sainte-Germaine-Cousin, située à l’angle de la rue Notre-Dame et de la 55e Avenue (accès par la 55e Avenue). L’entrée est libre. Pour information : 514 498-1677.

Vous pouvez aussi vous inscrire à l’événement sur Facebook: https://www.facebook.com/events/1710384969176686/

 

Pour information :
Amenvi Tossah
Corporation Mainbourg
514 498-1677

Des murs éclatés pour protéger le patrimoine moderne

L’espace intérieur de l’Église Sainte-Germaine-Cousin vient tout juste d’être complété et attendez-vous à une grande surprise! En effet, pour accueillir un nouveau CPE et une salle polyvalente, il fallait complètement reconfigurer l’espace de la nef. Cependant, la transformation d’un tel espace est une opération délicate et représente un défi de conception. Nous vous proposons donc un petit retour en arrière pour expliquer les origines de l’aménagement intérieur.

Contexte général

Au cours des années 1960, l’architecture connaît un renouveau au Québec avec l’émergence du mouvement moderne et les avancées majeures dans les méthodes de construction. De nombreux lieux de culte construits à cette époque sont érigés selon les principes définis par le modernisme et tranchent avec leurs prédécesseurs. Désormais, l’ornementation occupe une place secondaire dans l’architecture du bâtiment et c’est la forme du bâti qui appelle au recueillement. Ces églises prennent des formes épurées, abstraites et imposent le respect par leur monumentalité. Les percées lumineuses sollicitent la piété et confèrent un caractère sacré.

Exemples d’églises modernes québécoises

Contrairement aux églises plus anciennes, il est impossible dans le cas d’une église moderne de mettre en valeur son ornementation liturgique pour conserver sa valeur patrimoniale. Au contraire, il faut plutôt protéger la simplicité du geste architecturale, l’ouverture de l’espace et la luminosité. Dans le contexte d’une conversion, l’immense volume de la nef représente à la fois un avantage et une contrainte, car peu d’usages peuvent tirer profit d’un si grand vide et il faut à tout prix éviter les subdivisions. En contrepartie, comme beaucoup d’autres projets de conversion d’édifices religieux l’ont démontré, ces espaces offrent des lieux spectaculaires.  La bibliothèque Monique-Corriveau à Québec en est un exemple, malgré le fait que l’espace a été subdivisé par des paliers.

La nature même des nouvelles activités de l’église, soit un CPE et une salle communautaire, implique certaines restrictions majeures. Peu de gens le réalisent, mais un CPE nécessite beaucoup de cloisons! En effet, chaque aire de jeux peut accueillir un maximum de 8 à 10 enfants et doit être fenestrée et entièrement cloisonnée. Il faut ajouter à cela les locaux pour les bureaux, les aires de dîner, les salles de bain, etc. Dans le cas d’un CPE de 60 places, ces restrictions impliquent la construction d’une vingtaine de locaux fermés, alors que l’église doit demeurer la plus ouverte possible pour des raisons patrimoniales. En plus, pour avoir des fenêtres dans chaque aire de jeu, il était nécessaire de construire le CPE le long des murs de côté de l’église, laissant un grand vide en son centre (voir le plan ci-dessous).

Plan préliminaire cpe flute enchantée

C’est dans ce vide que la salle polyvalente est logée. Cet espace sera utilisé par les résidents des Habitations Sainte-Germaine-Cousin, mais il pourra également être loué pour des événements de toute nature. Comme l’église est occupée par deux usages distincts, il est nécessaire de les séparer par des murs résistants au feu, donc sans fenêtre. Ces murs méritaient donc une attention particulière pour le réaménagement de l’église.

Des murs vivants et dynamiques

Le concept général de la proposition repose d’abord sur une idée simple : construire des murs qui seront en mesure de dialoguer avec la forme de l’église Sainte-Germaine-Cousin. C’est ainsi que des pans de murs en angle ont été conçus, avec cependant une petite touche plus contemporaine. L’intervention visait à conférer un peu plus de chaleur et de dynamisme au lieu tout en surprenant le visiteur. L’aménagement intérieur se voulait aussi à l’image du CPE, c’est-à-dire un lieu dynamique et accueillant. Les couloirs ne pouvaient pas simplement être rectilignes; ils devaient être énergiques et colorés. Les architectes se sont d’ailleurs inspirés des garderies innovantes construites un peu partout dans le monde pour concevoir le CPE.

Maquette conceptuelle

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La conception de la forme finale a été longue et ardue pour les architectes. Évidemment, les angles des pans de murs ont été déterminés pour assurer un résultat final esthétique. Pour y arriver, plusieurs ajustements ont été apportés à chaque pan de mur. Une modélisation 3D de la nef a permis de voir rapidement l’impact de chaque changement.

Visiter la maquette 3D en cliquant sur l’image suivante

Visuler l'esquisse 3D

Une maquette a même été réalisée pour valider certaines options d’aménagement et les présenter au conseil d’administration. La palette de couleurs choisie reflète l’intention des architectes de créer un lieu dynamique respectueux de l’histoire du bâtiment.  Elle vous sera dévoilée lors de l’inauguration de l’immeuble le 14 décembre.

Finalement, l’installation de murs en angle représente un défi supplémentaire lors de l’installation. Fort heureusement, le poseur de colombage et de gypse qui a travaillé sur le projet était en mesure d’installer les pans de murs en comprenant leur agencement dans les trois dimensions, ce qui est loin d’être évident.

Test pour l’agencement des couleurs

église_base_Couleurs volumes_LOUISA bleus - 1A

Conclusion

La décision d’opter pour des murs plus complexes implique nécessairement des coûts et des efforts supplémentaires. Le conseil d’administration de la Corporation Mainbourg a d’ailleurs eu le courage de prendre cette décision pour créer un lieu chaleureux, dynamique et attractif. Après tout, l’ambition est de créer la salle de réunion la plus populaire de l’est de Montréal! Ces coûts sont d’ailleurs associés indirectement à la question de la protection du patrimoine. Alors que certains n’hésiteraient pas à dépenser un peu plus pour protéger un orgue ou des confessionnaux, il faut souligner l’audace de la Corporation Mainbourg qui a décidé d’investir un peu plus pour protéger l’esprit d’un joyau du patrimoine moderne québécois.

L’église : les travaux se poursuivent

Maintenant que les premiers résidants des Habitations Sainte-Germaine-Cousin sont arrivés, vous vous demandez sans doute ce qu’il advient de l’église. Après tout, elle occupe une place centrale sur le site et elle est la raison même du projet! Les travaux de restauration de l’église ont commencé en janvier 2015. Cependant, ils ont été légèrement ralentis en raison de certains défis rencontrés pour préserver les caractéristiques patrimoniales du bâtiment.

Chantier Ste-Germaine_Rayside (1)

Tout d’abord, il a été nécessaire d’innover afin de trouver un nouvel isolant qui peut remplacer efficacement l’amiante. Le choix s’est finalement arrêté sur le produit AD Fire, un produit qui est à la fois isolant, incombustible et d’une apparence similaire à l’amiante. Une fois haché finement, le produit est installé de manière à réduire les aspérités et les inégalités et il est peinturé en blanc. Ce procédé a été spécialement mis au point pour l’église et plusieurs tests ont dû être effectués afin d’obtenir un résultat final satisfaisant. Toutefois, le jeu en valait la chandelle, car l’intérieur du bâtiment a retrouvé son apparence d’origine.

Chantier Ste-Germaine_Rayside (11)

Plusieurs regretteront sans doute les zébrures sur le plafond, qui ont été recouvertes par le nouvel isolant. Les marques de colles donnaient une apparence unique à l’église et témoignaient de l’évolution du bâtiment. Malheureusement, il était nécessaire de les recouvrir pour isoler le bâtiment. Autrement, les performances énergétiques du bâtiment auraient été trop faibles et les frais de chauffage auraient atteint des sommets astronomiques lors de nos hivers rigoureux. En plus, sans isolant, il y aurait eu de la condensation sur les plafonds, ce qui aurait pu entraîner de la moisissure.

Une autre modification majeure au projet initial a été l’abandon des planchers techniques. Rappelons qu’un plancher technique devait être installé pour que les éléments mécaniques (électricité, plomberie, aération, câblage) soient cachés sous celui-ci. De cette manière, il n’est pas nécessaire de construire de plafonds et de compromettre ainsi les qualités architecturales d’origines du bâtiment. Pour des raisons budgétaires, il a plutôt été décidé de construire une dalle sur sol et d’enfouir les éléments mécaniques dans des tranchées. Évidemment, un plancher technique a l’avantage d’être beaucoup plus évolutif, car il est possible d’accéder aux éléments mécaniques en tout temps. Il s’agissait toutefois d’une concession raisonnable, car le CPE devrait occuper l’église pour de nombreuses années encore.

Aussi, les travaux de l’église Sainte-Germaine-Cousin vont bon train, malgré quelques retards. Maintenant que les fenêtres sont posées, que l’isolant est installé et que le plancher est terminé, les ouvriers s’affairent à ériger les cloisons intérieures… mais ce sera le sujet d’un autre article.